Votation sur la sécurité alimentaire: Le travail pour une nouvelle étape commence maintenant

Le peuple suisse a accepté avec une large majorité l’inscription du concept de sécurité alimentaire dans la Constitution fédérale. Ce vote est un signe fort en faveur de l’agriculture suisse et de la production alimentaire indigène. Pour l’ASSAF-Suisse, cela signifie que le travail pour la mise en place de nouvelles conditions cadre pour le secteur agroalimentaire commence immédiatement. L’instrument de la protection à la frontière reste primordial pour atteindre les objectifs fixés par le nouvel article constitutionnel.

Départ pour une nouvelle étape

Le nouvel article constitutionnel sur la sécurité alimentaire est désormais sous toit. Cela signifie surtout que le travail pour l’élaboration d’une nouvelle politique agricole et alimentaire débute maintenant. Cette nouvelle politique devra permettre de mettre en œuvre le concept de sécurité alimentaire. Pour l’ASSAF-Suisse, il s’agira de créer des conditions cadres favorables pour des perspectives et un avenir serein des exploitations agricoles et des entreprises du secteur agroalimentaire suisse. Ces conditions cadre doivent permettre aux entreprises agricoles de dégager une part prépondérante du chiffre d’affaire et du revenu de la vente des produits. Elles doivent promouvoir l’innovation et le développement ainsi que garantir la sécurité des investissements des entreprises. La position des producteurs dans la chaîne de valeur ajoutée doit être améliorée, par des instruments adaptés, afin que des prix à la production équitables soient atteints. Une protection à la frontière efficace doit rester un instrument central de la politique agricole car elle permet d’atteindre ces objectifs liés au nouvel article constitutionnel.

Mise en œuvre de l’article et accords commerciaux

Pour l’ASSAF-Suisse, le nouvel article devra trouver une application directe dans les prochains accords commerciaux que la Suisse projette de conclure. Dans les accords prévus avec l’Indonésie et la Malaisie, le volet huile de palme devra être revu. Il est impensable de favoriser l’importation d’huile de palme, alors que la plantation de palmiers est la cause principale de la destruction des forêts tropicales, selon les Nations Unies. D’autre part, des études ont prouvé que l’importation massive d’huile de palme mettrait en danger la toute la filière de valeur ajoutée du colza en Suisse. Abroger les droits de douane et favoriser l’huile de palme, ne contribue pas au développement durable de l’agriculture, ni en Suisse, ni dans les pays de production.

Pour le projet d’accord avec le Mercosur, qui concerne de grands pays producteurs agroalimentaires comme le Brésil, l’Argentine ou le Paraguay, le critère de développement durable devrait être appliqué. Dans les analyses réalisées, l’ASSAF-Suisse constate que ces pays font appel à utilisation intense d’OGM pour les semences, une déforestation pas toujours maitrisées et de l’élevage intensif. Un récent scandale de viande avariée a montré que la mise en œuvre des exigences en matière vétérinaire n’était pas respectée au Brésil et que des certificats d’exportation ont été falsifiés pendant plus de 10 ans. Pour correspondre aux  critères, des produits sensibles pour les consommateurs, tel que la viande, devront être exclus de l’accord avec le Mercosur.

Renseignements:
Hans Jörg Rüegsegger, Président ASSAF-Suisse, Riggisberg, 079 393 87 50
David Rüetschi, Secrétaire général ASSAF-Suisse, Lausanne, 079 677 82 12

Dimanche 24 septembre 2017